ACTE I, SCÈNE III. \l\'-j VERMEILLE
Cette aventure me paraît bien triste.
BLANCHE
Tu n'y penses pas , Vermeille. Ce prince m'aime , j'en suis sûre ; il est revenu plusieurs fois chasser dans cette forêt exprès pour me voir ; il est le maître d'épouser une de ses sujettes: il a déjà parlé de me donner sa main.
VERMEILLE
A toi, ma sœur !
BLANCHE
Il me l'a promis ; il m'a juré de m'aimer toujours.
VERMEILLE
Tu avais juré les mêmes choses à Colin.
BLANCHE
Je le sais bien. Je gémis de trahir
l48 BLA.N CHE ET VERMEILLE ,
mes scnuens ; rion cœur est à Colin mais le prince est le maître j il estjeune, emporté ; il se vengerait sur Colin d'une résistance inutile. Nous serions tous malheureux. Mou projet , si je parviens h ce que je souhaite , c'est d'accabler Colin de tant de bienfaits de le renrlre si riche et si...
Tu tabuses , ma sœur : rien ne dédommage de la perte de ce que l'on aime. Veux-tu me croire? Allons trouver cette vieille fée qui a pris soin de notre enfance ^ elle a de l'amitié pour nous , elle l'a prouvé en nous donnant une éducation au-dessus de notre état ; sou expérience et sa tendresse te diront ce que tu dois faire.