Oeuvres inédites
Petite littérature l auteur du troisième ou quatrième ordre l disent certains juges en parlant de Florian. — Eh î Messieurs , examinez , appréciez à leur juste valeur les ouvrages de quelques uns de nos immortels vivans, et vous serez moins sévères à l'égard d'un homme qui tout-à-la-fois a excellé dans le genre pastoral, mérité la place de second fabuliste français , créé avec succès au théâtre un
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personnage neuf, et qui s'est élevé avec distinction jusqu'à l'histoire.
Le Précis historique sur les Maures est composé avec méthode , rempli de recherches intéressantes et surtout écrit en très bon style.
C'est , après ses fables , le premier litre académique de l'auteur. La Préface d'Eliézer est un plaidoyer admirable , conçu dans le meilleur esprit , et exécuté avec uu goût parfait. Enfin le Plan historique que je publie aujourd hui , est vaste , bien pensé , bien ordonné : et il n'a manqué à la gloire de Florian , que de vivre assez longtemps pour le mettre à exécution.
Cet ouvrage lui aurait assigné une place éminemment distinguée
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parmi les écrivains célèbres du siècle dernier.
Sans doute l'idée de ce beau monument ne sera pas perdue. Un tel livre serait de la plus grande utilité pour la jeunesse , et il est important qu'on le fasse. Florian l'a légué au plus digne ! que le plus digne s'en empare.
Dans le temps de la terreur, Florian avait compté sur cet ouvrage pour échapper à la persécution qui tôt ou tard frappait les hommes de mérite. Il en adressa donc une copie à un conventionnel honnête homme, aujourd'hui pair de France , à M. le comte Boissy-d'Anglas, ce digne historien du vénérable Malesherbes , en
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le priant de solliciter en sa fa-* veur , une exception au décret impolilique et injuste qui forçait les nobles à s'éloigner de Paris.
Voici comment l'honorable pair raconte cette anecdote :
(( Je hasardai d'aller solliciter le » comité d'instruction publique , )) dont je connaissais à peine deux )) membres , de mettre Florian en » réquisition , c'est-à-dire de l'aur> toriser à rester à Paris, pour se )) livrer à des travaux utiles; et je )) lus , à l'appui de ma demande , » quelques morceaux de son Plan » HISTORIQUE , en choisissant de )) préférence ceux qui avaient pour » objet les républiques de la Grèce.
)) On m'avait écouté avec intérêt.
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■> et je me croyais sur le point de » réussir , lorsqu'un membre du )) comité , nommé Bouquier , me » dit brusquement : — Connais-tu h r homme pour qui tu oses solli- )) citer ? C'est un aristocrate l Oui, » ton Florian a fait des vers pour )) la famille royale. Et là-dessus , » il se mit à réciter de mémoire, » et avec une exactitude dont je )) ne l'aurais pas cru capable , l'é- )) pître dédicatoire de NrMA Pom- » PiLius, adressée dix ans aupara- » vant à la reine, et en conclut » que Ton ne pouvait rien attendre n de bon ni d'utile de celui qui » en était l'auteur. Un autre mem- » bre du comité prit la parole après » lui ^ c'était Duliem , qui avait été
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)) chirurgien aux armées. Il se ré-* » cria contre les préférences que )x l'on ne cessait de réclamer pour )) les gens de lettres. — J'aimerais )) mieux , dît-il , un bon soldat )) quun écrivain. A quoi servent )) ces auteurs dans les besoins de » la patrie ? Ce sont tous des con- » tre-révolutionnaires y ils ne sont )) propres quà corrompre V opinion .
» V^oltaire , par exemple y ce Vol- » taire dont on parle tant, s'ilvi- )) vaitf il aurait émigré , ou nous » Vaurions fait guillotiner j car » c'était un royaliste de la pre- )) mière espèce. Et Rousseau! c'é- )) tait un fédéraliste l je ne suis pas )i dupe de ses phrases. Il ne Vau-
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