LA FÊTE DE MARIE , ARLEQUIN
Je revenais vous dire que j'ai rencontré notre maître, l'époux de madame Marie, Il m'a rendu mon argent , il a pensé même se fâcher ; car il prétend que nous l'aurions volé, s'il ne s'était pas mêlé tout seul de la fête de sa femme. Il m'a envoyé tout de suite cueillir toutes les fleurs de son jardin. Donnezmoi vite son couplet, que je le lui porte, et nous verrons un peu comment vous vous en êtes tiré.
SONNET
Tenez , mon ami. Au lieu d'un j'en ai fait deux.
ARLEQUIN
Voyons.
SONNET chante.
Lorsqu'ici chacun se dispose A vous fêter , à vous fleurir ,
scèi^E IV. 193
Exprès j'ai cueilli cette rose , Que je me plais à vous offrir.
Et de fraîcheur et d'élégance Je voulais l'emblème parfait ; Où rencontrer cette alliance , Si ce n'est dans votre portrait ?
ARLEQUIN
Ma foi, Monsieur, c'est fort joli. Et le second ?
SONNET
Qu*ai-je dit ? Un pareil hommage , En ce jour est insuffisant ; Doit-on choisir , pour votre image , Ce qui ne dure qu'un instant?
Cette fleur qui paraît jolie , Hélas ! ne brille qu'un matin ; Mais vous, on vous trouve, Marie, Plus belle encor le lendemain.
ARLEQUIN
C'est charmant , vrai ! et je m'y connais , entendez-vous ? Voyons le mien à présent.