LETTRE A M. GAILLARD
n'ira pas plus loin , mon ouvrage n'en vaut pas la peine *, mais je devais cette explication, bien moins à mon amourpropre qu'au désir de conserver votre estime, à la manière dont vous m'avez accueilli lorsque j'eus l'honneur de vous voir , et aux lettres si aimables et si amicales que vous m'avez fait l'honneur de m' écrire. D'ailleurs je suis chargé par mon prince de vous remercier de ce que vous avez dit de lui ; il y a été sensible, et en prononçant votre nom j'ai eu le plaisir de lui parler (sans lui rien apprendre) de vos qualités et de vos talens , qui honorent les lettres et font le bonheur de vos amis. J'éprouve une satisfaction non moins vive à vous assurer du respectueux attachement, etc.
Le cher de Florian.
REPONSE DE H. GAILLARD. Çp
Réponse à la lettre précédente.
Allez ! je ne vous crains point.
J'aime trop Estelle et Galatée et tous vos ouvrages et leur auteur pour croire qu'il puisse être fâché contre moi. Croyez-vous que ce soit contre vous que j'aie prétendu disputer ?
c'est peut-être vous que j'ai traité de joli barbare! J'ai disputé à très bon escient contre les gens dont vous me parlez et que j'avais très bien devinés, et j'ai observé formellement que ces opinions n'étaient pas les vôtres. Je n'ai rien dit de Gessner, parce que j'en pense absolument ce que vous en dites. Croyez, Monsieur, queM.Gessner n'a pas de plus grand admirateur que moi, et que je puis le disputer à vous-même, comme je le dispute à tout