‹ Œuvres inéditesChapitre 41 sur 81 · François VII, qui continua la lignée · texte numérisé non relu

François VII, qui continua la lignée

2. Charles, chevalier de Malte, né le 29 septembre 1635; abbé de Molesme par cession du prince de Gonti, mort le 19 novembre 1692.

3. Marie Catherine, Mlle de la Rochefoucauld, née le 22 février 1 637, morte le 5 octobre 1711, enterrée à Sainte- Geneviève, église à laquelle elle laissa un legs considérable, comme à la ville de la Rochefoucauld pour les écoles et l'hôpital.

4. Henriette, Mlle de Marcillac, née le 15 juillet 1636, morte le 9 novembre 1721, laissant ses biens à ses domestiques, sauf quelques legs aux pauvres.

5. Françoise, Mlle de Banville, née le 9 août 1641, morte le 22 mars 1708.

6. Henry Achille, chevalier de Malte, né le 8 décembre 1642, abbé de Fontfroide, de Beauport, de la Chaise-Dieu en 1687, mort le 19 mars 1698.

7. Jean-Baptiste, chevalier de la Rochefoucauld, né le 19 août 1646, enseigne au régiment du roi, le 16 octobre 1666, lieutenant le mois suivant. Tué au passage du Rhin.

S.Alexandre, dit l'abbé de Verteuil , abbé de Beauport et de Molesme par cession de son frère, prieur de

qu'elle connoît bien que je n'ai pas fait, que d'ajouter foi au témoignage que vous lui en avez rendu. Ce que je vous en dis ne changera rien à la conduite respectueuse que je me suis imposée sur son sujet, mais je voudrois bien savoir par une personne qui voit les replis du cœur comme vous, quels sont ses véritables sentiments pour moi : je veux dire si elle a cessé de me haïr par dévotion, ou par lassitude, ou pour avoir connu que je, n'ai pas eu tout le tort qu'elle avoit cru. »

Bonne-Nouvelle à Rouen; né le 10 août 1655, mort le 17 mai 1721.

François YII de la Rochefoucauld, né le 15 juin ou juillet 1634, fut duc de la Rochefoucauld, de la Roche-Guyon et de Liancourt, pair de France, marquis de Guercheville et baron de Verteuil, grand veneur de France, grand maître de la garde-robe. Il mourut le 11 janvier 1714^ La descendance mâle de l'illustre auteur des Maximes s'éteignit à son arrière-petit-fils , Alexandre qui ne laissa que deux filles, Nicolle et Marie; mais celles-ci épousèrent les deux frères, MM. de la Rochefoucauld-Roucy- Roye, descendants du bisaïeul de François VI, duc de la Rochefoucauld. L'aîné, créé duc de Damville en 1732, n'eut qu'un fils , duc de la Rochefoucauld , massacré à Gisors en 1792, sans laisser d'enfants de Mlle de Rohan- Chabot, qui se remaria avec le comte de Castellane; le second, créé duc d'Estissac, eut pour petit-fils le duc de Liancourt, le célèbre philanthrope, mort pair de France en 1827 : il était l'aïeul du duc actuel de la Rochefoucauld, chef de cette noble race^

1. Il avait épousé, comme nous l'avons vu, le 13 novembre 1659, Jeanne Charlotte du Plessis-Liancourt, fille de Henry du Plessis, comte de la Roche-Guyon, premier gentilhomme de la chambre, et d'Elisabeth deLannoy, petite-fille et héritière de Roger du Plessis, duc de la Roche-Guyon, marquis de Liancourt : elle mourut le 1" août 1674. M. de La Rochefoucauld en parle dans les termes les plus affectueux : a tout de bon, il n'y a jamais eu une meilleure et plus commode personne ; elle est aussi enfant presque que quand elle a eu l'honneur de vous voir, mais avec cela, elle a de l'esprit, de la douceur et une complaisance admirable, to (A Mme de Sablé, 21 juin 1662.) «J'ai tout de bon ici, écrit-il de Verteuil à M. Esprit, des occupations plus agréables que vous n'aviez cru, et ma belle-fille est la plus aimable petite créature qui se puisse voir. ■»

2. François P"" de la Rochefoucauld, quadrisaïeul de l'auteur des Maximes, eut un second fils nommé Louis, qui forma la branche des seigneurs de Montendre et marquis de Surgères, devenus à la fin du siècle dernier grands d'Espagne et ducs de Doudeauville, par mariage avec Mlle le Tellier deLouvoisde Montmirail : la sœur du chef actuel de cette branche a épousé le marquis de Chapt de Rastignac et sa fille s'est

Avant de terminer cette élude , nous devons dire quelques mots de Mme de la Fayette. Sa douleur fut profonde et rien ne put la guérir. Mme de Sévigné le déplore dans presque toutes ses lettres: « Tout se consolera, hormis elle, » et encore, « cette pauvre femme ne peut serrer la file de manière à remplir cette place. » Du reste, elle ne chercha même pas à remplacer cette amitié de vingt-cinq années sans un seul nuage. Elle vécut cependant encore treize ans au milieu de souffrances aussi cruelles que variées. Sans doute pour se distraire en songeant à la princesse de Clèves, composée dans une si douce intimité, elle travailla et écrivit pendant cette période La comtesse de Tende et les Mémoires de la cour de France pour 1688 et 1689. Du reste jamais on n'accusa l'affection qui unit si longtemps Mlle de la Fayette et M. de la Rochefoucauld. « Il vit fort honnêtement avec Mlle de la Fayette, écrit Mlle de Scudéry à Bussy, le 6 décembre 1675; il n'y paroît que de l'amitié ; enfin la crainte de Dieu de part et d'autre, et peut-être aussi la politique, a coupé les ailes à l'amour. Elle est sa favorite et sa première amie. Rien n'est plus heureux pour elle que cela, ni plus honnête pour lui. » Bussy répondait, le 9 du même moi : « Pour moi, je vous maintiens qu'il y a toujours de l'amour, » mais sans insister, ni paraître donner un mauvais sens à ces paroles. Elle s'était aussi, depuis la mort du duc, tournée avec ardeur vers la religion et avait pris le fameux père Du Guet pour directeur; liée avec les amis de Port- Royal , elle sut demeurer cependant en dehors de leur

unie au duc de la Rochefoucauld et de Liancourt, aujourd'hui vivant. Une autre branche, dite de la Rochefoucauld, comtes de Bayers, subsiste encore, détachée dès le xiv® siècle du tronc principal. Enfin la branche aînée a formé un rameau, dit d'Estissac, dont le chef avait obtenu du gouvernement de juillet le titre non héréditaire de duc d'Estissac qui appartient au seul chef de la maison, lequel réunit aujourd'hui les titres de duc de la Rochefoucauld, de Liancourt, d'Estissac, de la Roche-Guyon , de Damville et de prince de Marcillac.

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exagération regrettable. Elle mourut, vraiment saintement, le 3 juin 1693.

Je terminerai en relatant ici la description que Ménage nous trace d'une chambre toute dorée, grande comme une table, que Mme de Thiange donna, en 1675, au duc du Maine: « Au-dessus de la porte il y avait écrit en grosses lettres: Chambre des sublimes. Au-dedans un lit et un balustre, avec un grand fauteuil dans lequel étoit assis M. le duc du Maine fait en cire, fort ressemblant. Auprès de lui M. de la Rochefoucauld, auquel il donnoit des vers pour les examiner. Autour du fauteuil, xM. de Marcillac et M. Bossuet, alors évêque de Gondom. A l'autre bout de l'alcôve, Mme de Thiange et Mme de la Fayette lisoient des vers ensemble. Au-dehors du balustre, Despréaux avec une fourche empêchoit sept ou huit méchants poètes d'entrer. Racine étoit auprès de Despréaux et tout à côté la Fontaine, auquel il faisoit signe d'avancer. Toutes les figures étoient de cire, en petit et chacun de ceux qu'elles représentoient avoit donné la sienne. » N'est-ce pas le tableau de la seconde partie de l'existence de M. de la Rochefoucauld, l'aperçu de sa vie intime et comme le croquis de son salon ?

M. de la Rochefoucauld fit brûler tous ses papiers au commencement de sa dernière maladie, a Je voudrois bien voir les remarques qu'il a laissées, écrit Bussy-Rabutin au marquis de Trichasteau , le 1" avril 1680. Il a bien fait de brûler ses papiers si cela lui pouvoit faire de l'embarras dans l'autre monde, mais je crois que celui-ci a perdu d'agréables amusements. »

Il me resterait à donner un portrait de M. de la Rochefoucauld, mais je ne crois pouvoir mieux faire que placer ici celui que le duc a tracé lui-même pour le recueil de Mlle de Montpensier en 1658.

« Je suis d'une taille médiocre , libre et bien proportionnée*. J'ai le teint brun, mais assez uni ; le front élevé et d'une raisonnable grandeur; les yeux noirs, petits et enfoncés; et les sourcils noirs et épais, mais bien tournés. Je serois fort empêché de dire de quelle sorte j'ai le nez fait; car il n'est ni camus, ni aquilin, ni gros, ni pointu, au moins à ce que je crois: tout ce que je sais, c'est qu'il est plutôt grand que petit, et qu'il descend un peu trop bas. J'ai la bouche grande, et les lèvres assez rouges d'ordinaire, et ni bien ni mal taillées. J'ai les dents blanches et passablement bien rangées. On m'a dit autrefois que j'avois un peu trop de menton: je viens de me regarder dans le miroir pour savoir ce qui en est, et je ne sais pas trop bien qu'en juger. Pour le tour du visage, je l'ai ou carré ou en ovale; lequel des deux, il me seroit fort difficile de le dire. J'ai les cheveux noirs, naturellement frisés, et avec cela assez épais et assez longs pour pouvoir prétendre en belle tête.

« J'ai quelque chose de chagrin et de fier dans la mine, cela fait croire à la plupart des gens que je suis méprisant, quoique je ne le sois point du tout. J'ai l'action fort aisée et même un peu trop, et jusqu'à faire beaucoup de gestes en parlant.

« Voilà naïvement comme je pense que je suis fait au dehors, et l'on trouvera, je crois, que ce que je pense de moi là-dessus, n'est pas fort éloigné de ce qui en est. J'en userai avec la même fidélité dans ce qui me reste à faire de mon portrait ; car je me suis assez étudié pour me bien connoître, et je ne manquerai ni d'assurance pour dire librement ce que je puis avoir de bonnes qualités, ni de sincérité pour avouer franchement ce que j'ai de défauts.

« Premièrement, pour parler de mon humeur, je suis

1. Mme de Maintenon dit : « Il avoit la physionomie heureuse, l'air grand, beaucoup d'esprit et peu de savoir. »

mélancolique, et je le suis à un point que, depuis trois ou quatre ans, à peine m'a-t-on vu rire trois ou quatre fois. J'aurois cependant, ce me semble, une mélancolie assez supportable et assez douce, si je n'en avois point d'autre que celle qui me vient de mon tempérament; mais il m'en vient tant d'ailleurs, et ce qui m'en vient me remplit de telle sorte l'imagination, et m'occupe si fort l'esprit, que la plupart du temps, ou je rêve sans dire mot, ou je n'ai presque point d'attache à ce que je dis. Je suis fort resserré avec ceux que je ne connois pas, et je ne suis pas même extrêmement ouvert avec la plupart de ceux que je connois. C'est un défaut, je lésais bien, et je ne négligerai rien pour m'en corriger ; mais comme un certain air sombre que j'ai dans le visage contribue à me faire passer encore plus réservé que je ne le suis, et qu'il n'est pas en notre pouvoir de nous défaire d'un méchant air qui nous vient de la disposition naturelle des traits, je pense qu'après m'être corrigé au dedans, il ne laissera pas de me demeurer toujours de mauvaises marques au dehors.

« J'ai de l'esprit, et je ne fais point difficulté de le dire ; car à quoi bon façonner là-dessus? Tant biaiser et tant apporter d'adoucissement pour dire les avantages que l'on a, c'est, ce me semble, cacher un peu de vanité sous une modestie apparente, et se servir d'une manière bien adroite pour faire croire de soi beaucoup plus de bien que l'on n'en dit*. Pour moi, je suis content qu'on ne me croie ni plus beau que je me fais, ni de meilleure humeur que je me dépeins, ni plus spirituel et plus raisonnable que je le suis. J'ai donc de l'esprit, encore une fois, mais un es-

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