LE ROI D'ESPAGNE
Mon ami , vous avez trop de respect pour moi et je m'en plains s'il vous a empesché de m'écrire. Je vous conseille donc de le retrancher à l'advenir et de me donner des marques de votre souvenir en toute liberté, ce sera la marque de m'obliger à vous tenir la parole que je vous ay donnée. Je ne désespère pas de me trouver encore à la queue de vos chiens. Je vous asseure que Fidée seule m'en fait plaisir^ et que je resve quelquefois aux sentiers d'Avon aussi bien qu'aux chasses de la Boissiere. Mais en attendant que je me trouve dans ce cas, j'ay une autre chasse à faire qui m'occupera pendant "quelque temps. Je me flate que vous vous y intéressez pour le moins autant qu'à toutes les vertus^ et que vos vœux sur ce qui me regarde sont aussi sincères que l'amitié que j'ay pour vous. »
1. Biblioth. de l'Arsenal, B. 1. 159. — En 1539, Charles-Quint s'arrêta à Verteuil, et, en quittant le château, il dit à Mme de la Rochefoucauld : « n'avoir jamais entré en maison qui mieux sentît sa grande vertu, honnêteté et seigneurie que celle-là. » {Notice de Suard.)