‹ Œuvres inédites; (volume 3)Chapitre 16 sur 32 · PLAN DE L'OUVRAGE · texte numérisé non relu

PLAN DE L'OUVRAGE

timent du moi, qui ne sont pas plus que lui des produits de rexpérience extérieure, ou des impressions reçues du dehors, et qui aussi ne peuvent pas plus que le moi être dites innées à l'âme humaine, si ce n'est à titre de possihilité ou de produits virtuels d'une force qui était dans l'absolu avant de se manifester ou de s'effectuer par des actes.

Cette première partie de l'ouvrage contient les principes d'une théorie psychologique nouvelle, dont la deuxième partie sera l'application et la preuve.

J'essaie, en effet, l'élément nouveau dont je me suis appliqué d'abord à constater l'existence et la nature isolée, en le considérant dans ses associations diverses avec les différentes espèces de sensations et d'idées, qui peuvent être l'objet de l'analyse psychologique. Je cherche en quoi consiste la composition réelle de ces sensations ou idées sensibles, réputées simples dans le point de vue de Locke, en faisant en quelque sorte subir à ces premiers matériaux de la connaissance humaine, une épreuve comparable à celle que fit subir Lavoisier à divers éléments des corps considérés comme chimiquement simples, et dont il sut démontrer la composition, en prouvant qu'ils étaient le résultat de la combinaison d'un seul et même principe actif avec des bases diverses.

Je voudrais pouvoir d'avance assigner nettement le caractère et le but de l'espèce d'analyse appliquée dans cet ouvrage aux phénomènes psychologiques qui, à partir du premier et plus simple de tous, le moi^ vont toujours en se composant ou se combinant les uns avec les autres.

ioU FONDEMENTS DE LA PSYCHOLOGIE.

Chercher à distmguer nettement les caractères et les produits de deux forces vivantes, qui entrent dans la composition de l'homme tel qu'il est, et qui, entièrement unies dans le mode actuel de notre existence, n'en sont pas moins essentiellement deux, et ne pourront jamais être ramenées à une seule sans fausser les vrais principes de la science de l'homme, sans donner un démenti formel à sa nature ; étudier, dans l'organisation même de l'homme et dans le jeu des instruments sensitifs et moteurs, la diversité essentielle des forces mouvantes qui se manifestent dans la conscience; appliquer ainsi à la connaissance d'un ordre de phénomènes mixtes une méthode d'analyse mixte aussi, physiologique et réflexive, sans jamais confondre les caractères et les limites de deux modes de connaissances aussi différentes entre elles que le sujet et l'objet; enfin, dans l'analyse de nos facultés mixtes, définir la nature et assigner la portée de chacune d'elles dans son exercice même, et son application aux véritables objets de son ressort ; circonscrire, par exemple, le domaine de l'imagination dans ce qui peut être représenté ou figuré; celui de la raison, dans la connaissance de tous les principes abstraits et de leur application légitime aux faits de tout ordre ; celui de la réflexion, dans les faits du sens intime et, par suite, dans le système entier des idées ou notions qui peuvent s'y rallier; ne jamais dépasser les limites propres de chaque faculté, en voulant appliquer l'une aux objets relatifs à l'autre; se garder, par exemple, die vouloir approprier le raisonnement

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