‹ ŒuvresChapitre 109 sur 148 · X. Bonté et Justice de Dieu · texte numérisé non relu

X. Bonté et Justice de Dieu

La bonté et la justice divine sont comme les deux bras de Dieu : mais la bonté est le bras droit ; c'est elle qui commence, qui fait presque tout, qui veut paraître dans toutes les opérations. Que les hommes s'y laissent conduire, elle remplira tout de bienfaits et de muniûcence : mais au contraire , si l'insolence humaine s'élève contre elle, la justice, cet autre bras qui devait demeurer à jamais sans action , se meut contre la malice des hommes. Ce bras terrible, qui porte avec soi les foudres, la fureur, la désolation éternelle, s'élèvera aussi pour écraser les têtes de ses ennemis. Il y a une espèce de partage entre la bonté et lajustice : la bonté a la prévention, tous les commencements lui appartiennent; toutes les choses aussi dans leur première institation sont très-bonnes. La justice ne s'étend qu'à ce qui est ajouté , qui est le péché. Mais il y a cette différence, que lajustice ne prend jamais rien sur les droits de la bonté. La bonté, au contraire, anticipe quelquefois sur ceux de la justice ; car par le pardon elle s'étend même sur les péchés, qui sont le propre fonds sur lequel la justice travaille.

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