‹ ŒuvresChapitre 122 sur 148 · XXIV. De l'Intérêl · texte numérisé non relu

XXIV. De l'Intérêl

Nous sommes fortement attachés à nous-mêmes ; c'est pourquoi ceux qui conduisent prennent les hommes par leurs intérêts , sachant que la probité et la vertu sont fort faibles , et ont peu d'effet dans le monde. On oublie aisément les bienfaits ; ce qu'on n'oublie jamais, c'est son avantage : on engage par là les hommes; et comme il est malaisé de faire beaucoup de bien , que la source du bien est peu féconde et tarit bientôt, on est contraint de donner des espérances, même fausses. Il n'y a point d'homme plus aisé à mener qu'un homme qui espère; il aide à la tromperie.

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