XXX. Du monde
Le monde est une comédie qui se joue en différen' tes scènes. Ceux qui sont dans le monde comme spectateurs , souvent le connaissent mieux que ceux qui y sont comme acteurs.
Dieu envoie annoncer avec diligence, à ceux qui espèrent toujours dans le monde ; aux gensde la cour, que leur espérance engage : rêe terrx' Malheur « à la terre! » Mais à qui ce malheur? Ife^ angeli veloces , adgcntem convulsam et dilaceratam , ad gentem expectantem et conculcatam : « Allez en « diligence, ambassadeurs, vers unenationdivisée et « déchirée , vers une nation qui espère et qui attend, « et qui est foulée aux pieds. » Et combien n'estelle pas foulée aux pieds : cujus diripuerunt flumina teri'am ejus^ : « dont la terre est ravagée par
' S. Aug. Enar. in Ps. l; tom. iv, col. 463. — * Joam. t«. 7. — * Js. xvui, I, 2.
CHRÉTIENNES ET M0RALF:S
• riiiondation des fleuves : « à qui tout ce qui coule rt s'échappe a ôté tout le solide!
Les vanités, les vices nous trompent dès le commencement du monde, et nous ne sommes pas encore désabusés de leur tromperie.