É L E C T RE
o vengeance ! ô fureur !
Mère barbare , achève et m'arrache le cœur ' .
Pammène entraîne Oreste qui ne peut plus se contenir. Tout le monde se retire , excepte' Clytemnestre qui reste à conside'rer l'urne de son fils, placée sur un autel. Elle la montre àEgisthe à qui elle adresse ces mots :
Electre est à nos pieds et les couvre de larmes.
Son orgueil est brisé , son génie est vaincu ,
Sa menace est tombée et son frère a vécu.
Il n'est plus que poussière, une urne est son empire :
Tigre, avec celle cendre arrache moi le cœur.
Voltaire, Ores le , acle \ll.
DE CLYTEMNESTRE., :io!
Plistène vas régner , tu vis , et je respire , Et je vois , par la mort de ce grand ennemi , Jusqu'en ses fondemens mon trône raffermi. Il le faut avouer , le nom fatal d'Oreste Epouvantait mon cœur d'un présage funeste. J'éprouvais ces terreurs, ces troubles dévorans , D'un esprit incertain impérieux tyrans.
Ces fantômes du faible , et le mépris du sage , Qui font frémir nos sens, et qui sont leur ouvrage , Me poursuivaient sans cesse
Egisthe , toujours soupçonneux , prévoit des malheurs et des dangers. Clytemnestre lui demande, avec ironie, s'il redoute aussi la timide Chrysothémis ; le tyran repond qu'elle n'est pas moins à craindre qu'Electre :
Dans une âme plus faible elle a toute sa rage ; La misère , les fers tout prêts à l'accabler Etouffèrent sa plainte et la firent trembler ; Mais ses soumissions irritent sa colère ; Nous la voyons ramper, mais mordre la poussière.
Elles peuvent , ajoule-l-il , exciter le pcu|)Ie d'Argos à la révolte, implorer le secours de Strophius ,
Et dans ces lieux sanglans entraîner la vengeance.
Clytemnestre dcsccndia pcnd;mt la miit au f()inl)can (TVlrido. pour dévouer ses llllcs au trépas. Egisthe tenuiue le troisième acte par ces vers :
Puissions-nous aujourd'hui joindre les sœurs au frère » Puissions-nous réunir les enfans à leur père ! Que sa tombe dévore et sa race et son nom , Et qu'il ne reste rien de votre Agamemnon.