IMITATION
De quelques vers du poème des Jardins {*)^ envoyée k M. Delille ,
avec un coffret de bonbons.
Ilélas ! je II ai point vu ce poëte enchanteur, Qui charme mon esprit et qui ravit mon cœur ; Mais j'en jure et Dehlle et sa briUante lyre, Je verrai ce mortel que l'univers admire.
Par madame de St.....
RÉPONSE
Quel contraste frappant votre épître rassemble ! Vos vers, mêles aux miens, sont pour moi des leçons; Et le même quatrain nous offre, unis ensemble, iics chicotins et les bonbons.
(') Ilélas ! je n'ai point vu ce séjour enchanté,
(^es beaux lieux où Virgile a tant de fois chanté ; Mais j'en jure et Virgile et ses accords sublimes, J'irai : de l'Apennin je franchirai les cimes ; J'irai, plein de son nom, plein de ses vers sacrés, Les lire aux mêmes lieux qui les ont inspirés.
Jardins , ch. ii.
VERS
Adressés à M. Delillc, dans un dîner.
Ce n est point des Jardins le chantre harmonieux , Ce n est point le rival des Mil tons, des Virgiles, Que je chante en ces vers, qu'on pourroit faire mieux, Et qu'un peu plus de temps eût rendus plus faciles ; C'est le convive aimable et brillant de gaieté. Qui semble embarrassé de sa célébrité ; C'est cet esprit léger qui s'échappe en saillie. Qui captive toujours, et jamais n'humilie ;
Dont la douce simplicité.
Naturelle en sa bouche, ainsi que l'harmonie, Forceroit l'envieux, de sa gloire irrité,
A lui pardonner son génie.
Laissons donc là ses droits à l'inmiortalité :
Oui, Delille, aux lieux où vous êtes. Le plus charmant convive et le plus souhaité Fait toujours oublier le plus grand des poètes.
CORIOUS.
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