‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 90 sur 108 · V. 61° livraison · texte numérisé non relu

V. 61° livraison

Vous êtes la fille d’un militaire, et accoutumée à des scènes semblables ; aidez-moi à empêcher que l'air froid vienne par ces croisées. »

Miss Singleton accéda promptement à sa demande; et, tandis que Lawton s’efforçait en dehors de remédier aux fentes des panneaux brisés, Isabelle tächait de substituer quelque chose en place des rideaux.

« J'entends la charrette , » dit le dragon, répondant à une demande d'’Isabelle: « Betty a vraiment un excellent cœur ; soyez persuadée que non-seulement le pauvre George sera en bonnes moins, mais qu’on lui fera un traitement fort confortable.

— Que Dieu la paye de ses soins , et vous bénisse tous, » dit Isabelle avec ferveur. « Le docteur Sitgreaves est allé sur la route à sa rencontre, je le sais. Mais qu'est-ce qui brille au clair de la lune? »

Directement en face de la fenêtre où ils étaient, se trouvaient les bâtiments extérieurs de la ferme, et l’œil perçant de Lawton vit aussitôt l’objet qu’elle désignait.

« C’est la lueur d’une arme à feu! »

dit le dragon, sautant par la fenêtre, et se précipitant vers son coursier qui était encore tout caparaçonné à la porte.

Son mouvement fut aussi prompt que la pensée; mais un éclair brilla, le sifflement d’une balle s’entendit, avant qu'il eût fait un pas un grand cri sortit de la maison, et le capitaine s’élança sur sa selle : tout cela fut l'affaire d’un moment.

« À cheval, à cheval, suivez-moi ! »

s'écria le dragon, et, avant que ses soldats eussent appris la cause de cette alerte, Roanoke avait déjà fait franchir à son maître la haie qui se trouvait entre lui et son ennemi. Il y allait de la vie; mais les rochers étaient à une proximité trop grande, et Lawton, désappointé, vit son ennemi disparaître dans les crevasses où il ne pouvait le suivre.

« Par la vie de Washington! » mur-

murd Lawtoti, en rémettant son sabre dans le fourreau, « j’en aurais fait deux moitiés s’il n’avait eu le pied aussi léger, mais un temps viendra... » Disant ainsi, il retourna à son quartier avec l’indifférence d’un homme préparé à chaque instant à fuire le sacrifice de sa vie à son pays. Un tumulte extraordinaire, qui se faisait entendre dans la maison, le força de hâter sa marche, et lorsqu'il arriva à la porte, Katy, toute effrayée, lui apprit que la balle qui avait été dirigée contre sa propre vie, s’était plongée dans le sein de miss Singleton.

Une

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