PREMIÈRE PARTIE
Sire , comme le premier penchant des peuples est d'imiter les rois ; le premier devoir des rois est de donner desaints exemples aux peuples. Les hommes ordinaires ne semblent naître que pour eux seuls ; leurs vices ou leurs vertus sont obscurs comme leur destinée : confondus dans la foule, s'ils tombent ou s'ils demeurent fermes, c'est également à l'insu du public; leur perte ou leur salut se borne à leur personne, ou du moins leur exemple peut bien séduire et détourner quelquefois de la vertu, mais il ne saurait imposer et autoriser le vice.
Les princes et les grands, au contraire, ne semblent nés que pour les autres. Le même rang qui