‹ ŒuvresChapitre 196 sur 264 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Mais peut-être que les vertus civiles toutes seules» sont trop obscures , et que la distinction et la supériorité des grands talents nous donnera plus de droit à la gloire.

Hélas! Sire, que sont les grands talents , que de grands vices , si , les ayant reçus de Dieu , nous ne les employons que pour nous-mêmes? Que deviennent-ils entre nos mains? souvent l'instrument des malheurs publics ; toujours la source de notre condamnation et de notre perte.

Qu'est-ce qu'un souverain né avec une valeur bouillante , et dont les éclairs brillent déjà de toutes parts dès ses plus jeunes ans , si la crainte de Dieu ne le conduit et ne le modère? un astre nouveau et malfaisant qui n'annonce que des calamités à la terre. Plus il croîtra dans cette science funeste, plus les misères publiques croîtront avec lui : ses entreprises les plus téméraires n'offriront qu'une faible digue à l'impétuosité de sa course; il croira effacer par l'éclat de ses victoires leur témérité ou leur injustice; l'espérance du succès sera le seul titre qui justifiera l'équité de ses armes ; tout ce qui lui paraîtra glorieux deviendra légitime; il regardera les moments d'un repos sage et majestueux comme un« oisiveté honteuse et des moments qu'on

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