ACTE I, SCÈNE VI. ifa
HORACE
C'est un fou , n'est-ce pas ?
ARNOLPH E.
Hé...
HORACE
Qu'en dites- vous? Quoi?
Hé , c'est-à-dire , oui. Jaloux à faire rire ? vSot ? Je vois qu'il en est ce que l'on m'a pu dire. Enfin l'aimable Agnès a su m'assujettir. C'est un joli bijou , pour ne vous point mentir ; Et ce seroit péché qu'une beauté si rare Fût laissée au pouvoir de cet homme bizarre. Pour moi , tous mes efforts , tous mes vœux les plus doux Vont à m'en rendre maître en dépit du jaloux ; Et l'argent que de vous j'emprunte avec franchise N'est que pour mettre à bout cette juste entreprise. Vous savez mieux que moi , quels que soient nos efforts } Que l'argent est la clef de tous les grands ressorts , Et que ce doux métal qui frappe tant de têtes , En amour , comme en guerre , avance les conquêtes» Vous me semblez chagrin ! Seroit-ce qu'en effet Vous désapprouveriez le dessein que j'ai fait '
ARNOLPHE
Non , c'est que je songeois...
Cet entretien vous lasse.
Adieu. J'irai chez vous tantôt vous rendre grâce.
àrsolphe, se croyant seul, Ah ! faut-il... !
horAce, revenant:
Derechef , veuillez être discret ;'
i5o L'ÉCOLE DES FEMMES
Et n'allez pas , de grâce , éventer mon secret. Arnolphe, se croyant seul.
Que je sens dans .mon ame... !
Horace, revenant.
Et sur- tout à mon père ,.
Qui s'en feroit peut-être un sujet de colère.
A rn OLP he, croyant qu'Horace revient encore.. Oh!...