SCENE I
ARNOLPHE, AGNÈS, ALAIN, GEORGETTE
ARNOIPHE.
)vi , tout a bien été , ma joie est sans pareille :
ous avez là suivi mes ordres a merveille ,
onfondu de tout point le blondin séducteur j
t voilà de quoi sert un sage directeur.
otre innocence , Agnès , avoit e'té surprise :
oyez , sans y penser , où vous vous étiez mise.
ous enfiliez tous droit , sans mon instruction ,
e grand chemin d'enfer et de perdition.
e tous ces damoiseaux on sait trop les coutumes :
s ont de beaux canons , force rubans et plumes ,
rands cheveux , belles dents , et des propos fort doux \
ais , comme je vous dis , la griffe est là-dessous ,
t ce sont vrais satans , dont la gueule altérée
e l'honneur féminin cherche à faire curée.
iiis encore une fois , grâce au soin apporté ,
ous en êtes sortie avec honnêteté.
'air dont je vous ai vu lui jeter cette pierre. ,
iui de tous ses desseins a mis l'espoir par terre ,
[e confirme encor mieux à ne poiut différer
es noces où j'ai dit qu'il vous faut préparer.
fais, avant toute chose, il est bon de vous faire
l68 L'ECOLE DES FEMMES.
Quelque petit discours qui vous soit salutaire.
( a Georgette et a Alain. ) Un siège au frais ici. Vous , si jamais en rien...
De toutes vos leçons nous nous souviendrons bien; Cet autre monsieur-là nous en faisoit accroire : Mais...
ALAîN.
S'il entre jamais , je veux jamais ne boire. Aussi-bien est-ce un sot , il nous a l'autre fois Donné deux écus d'or qui n etoient pas de poids.
ARNOLPHE
Ayez donc pour souper tout ce que je désire ; Et pour notre contrat , comme je viens de dire f Faites venir ici , l'un ou l'autre , au retour , Le notaire qui loge au coin du carrefour.