ENRIQUE, ORONTE, CHRYSALDE , HORACE, ARNOLPHE
(Horace et Arnolphe se retirent dans un coin du théâtre , et parlent bas ensemble.) ENrique, a Ckrijsalde.
Aussitôt qu'à mes yeux je vous ai vu paroître , Quand on ne m'eût rien dit , j aurois su vous connoître« J'ai reconnu les traits de cette aimable sœur Dont l'hymen autrefois m'avoit fait possesseur; Et je serois heureux , si la Parque cruelle
2iG L'ÉCOLE DES FEMMES.
M'eût laissé ramener cette épouse fidèle , Pour jouir avec moi des sensibles douceurs De revoir tous les siens après nos longs malheurs. Mais , puisque du destin la fatale puissance Nous prive pour jamais de sa chère présence , Tâchons de nous résoudre , et de nous contenter Du seul fruit amoureux qui m'en ait pu rester. Il vous touche de près , et sans votre suffrage J'aurois tort de vouloir disposer de ce gage. Le choix du fils d'Oronte est glorieux de soi j Mais il faut que ce choix vous plaise comme à moi.