‹ ŒuvresChapitre 178 sur 302 · LYS1DAS · texte numérisé non relu

LYS1DAS

Est-il rien de si peu spirituel , ou , pour mieux dire , rien de si bas , que quelques mots où tout le monde rit , et sur -tout celui des enfants par I oreille?

CLI MÈNE

Fort bien.

ÉLISE

Ahï

LYSIDÀS.

La scène du valet et de la servante au-dedans de la maison n'est-elle pas dune longueur ennuyeuse et tout-à-fait impertinente?

LE MARQUIS

Cela est vrai.

CLI MÈNE

Assurément,

ÉLISE

Il a raison.

LYSIDAS.

Amorphe ne donne-t-il pas trop librement son argent à Horace? Et puisque c'est le personnage ridicule de la pièce, falloit-il lui faire faire l'action d'un honnête homme ?

27o LA CRITIQUE DE L'ECOLE

LE MARQUIS

Bon. La remarque est encore bonne.

c LIME NE*

Admirable.

Merveilleuse.

LYSIDAS.

Le sermon et les maximes ne sont-elles pas des choses ridicules , et qui choquent même le respect que l'on doit à nos mystères ?

LE MARQUIS

C'est bien dit.

CLIMENE.

Yoilà parler comme il faut.

ÉLISE

Il ne se peut rien de mieux.

LYSI D AS,

Et ce monsieur de La Souche, enfin, qu'on nous fait un homme desprit, et qui paroît si sérieux en tant d'endroits , ne descend-il point dans quelque) chose de trop comique et de trop outré au cinquième acte , lorsqu'il explique à Agnès la violence de son amour avec ces roulements d'yeux extravagants , ces soupirs ridicules et ces larmes niaises qui font rire tout le monde ?

LE MARQUIS

Morbleu I merveille !

CLIMÈNE

Miracle !

:des femmes, scène vu. a^t

ÉLIS E

Vivat monsieur Lysidas !

LYSIDAS.

Je laisse cent mille'autres choses, de peur d'être ennuyeux.

LE MARQUIS

Parbleu! chevalier, te voilà mal ajusté,

DORANTE

Il faut voir.

LE MARQUIS

Tu as trouvé ton homme.

DORANTE

Peut-être.

LE MARQUIS

Réponds, réponds, réponds, réponds.

DO R ANTE

Volontiers. II...

LE MARQUIS

Réponds donc , je te prie.

DORANTE

Laisse-moi donc faire. Si...

LE MARQUIS

Parbleu ! je te défie de répondre.

Oui, si tu parles toujours.

CLIMÈNE

De grâce, écoutons ses raisons.

DORANTE

Premièrement il n'est pas vrai de dire que toute la pièce n'est qu'en récits. On y voit beaucoup d'ac-

tions qui se passent sur la scène : et les récits eux mêmes y sont des actions, suivant la constitution tdu sujet; d'autant qu'ils sont tous faits innocemment , ces récits , à la personne intéressée , qui , parlà, entre à tous coups dans une confusion à réjouir les spec tateurs , et prend , à chaque nouvelle , toutes les mesures qu'il peut pour se parer du malheur qu'il craint.

UHANIE.

Pour moi , je trouve que la beauté du sujet de l'École des Femmes consiste dans cette confidence perpétuelle ; et ce qui me paroît assez plaisant , c'est qu'un homme qui a de l'esprit, et qui est averti de tout par une innocente qui est sa maîtresse , et par un étourdi qui est son rival , ne puisse avec cela éviter ce qui lui arrive.

LE MARQUIS

Bagatelle, bagatelle.

CL I MENE

Foible réponse.

ÉLISE

Mauvaises raisons.

Pour ce qui est des enfants par l'oreille, ils ne sont plaisants que par réflexion à Arnolphe ; et l'auteur n'a pas mis cela pour être de soi un bon mot , mais seulement pour une chose qui caractérise l'homme, et peint d'autant mieux son extravagance, puisqu'il rapporte une sottise triviale.

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