‹ ŒuvresChapitre 244 sur 302 · ACTE IIlTSCÈNE III. à · texte numérisé non relu

ACTE IIlTSCÈNE III. à

MORON

Oui, madame, j'y étois ; et je l'ai trouvé uu peu impertiuent, n'en déplaise à sa principauté.

Pour moi, je le confesse, Moron , cette fuite m'a choquée; et j'ai toutes les envies du monde de l'engager , poui* rabattre un peu son orgueil.

MORON

Ma foi , madame , vous ne feriez pas 'mal; il le mériteroit bien : mais , à vous dire vrai, je doute fort que vous y puissiez réussir.

Gomment!

MORON

Comment î c'est le plus orgueilleux petit vilain que vous ayez jamais vu. Il lui semble qu'il n'y a personne au monde qui le mérite , et que la terre n'est pas digne de le porter.

Mais encore , ne t'a-t-il point parlé de moi ?

MORON

Lui? non.

Il ne t'a rien dit de ma voix et de ma danse ?

MORON

Pas le moindre mot.

Certes , ce mépris est choquant , et je ne puis souffrir cette hauteur étrange de ne rien estimer.

376 LÀ PRINCESSE D'ÉUDE.

M OR ON

Il n'estime et n'aime que lui.

Il n'j a rien que je ne fasse pour le soumettre comme il faut.

MORON

Nous n'avons point de marbre dans nos montagnes qui soit plus dur et plus insensible que lui.

Le voilà.

MORON

Vojez-vous comme il passe sans prendre garde à vous ?

De grâce , Moron ? va le faire aviser que je suis ici , et l'oblige à me venir aborder.

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