‹ ŒuvresChapitre 25 sur 302 · SGANARELLE, ISABELLE · texte numérisé non relu

SGANARELLE, ISABELLE

SGANARELIE.

Jamais amant n'a fait tant de trouble éclater ,

Au poulet renvoyé sans le décacheter :

Il perd toute espérance enfin , et se retire.

Mais il m'a tendrement conjuré de te dire

« Que du moins en t 'aimant il n'a jamais pensé

<( A rien dont ton honneur ait lieu d'être offensé ;

(c Et que , ne dépendant que du choix de son ame ,

<c Tous ses désirs étoient de tobtenir pour femme ,

« Si les destins, en moi qui captive ton cœur,

« N'opposoient un obstacle à cette juste ardeur;

« Que , quoi qu'on puisse faire , il ne te faut pas croire

« Que jamais tes appas sortent de sa mémoire j

« Que , quelque arrêt des cicux qu'il lui faille subir ,

« Son sort est de t'aimer jusqu'au dernier soupir ;

<( Et que , si quelque chose étouffe sa poursuite ,

« C'est le juste respect qu'il a pour mon mérite. »

Ce sont ses propres mots ; et , loin de le blâmer ,

Je le trouve honnête homme , et le plains de t'aimer

ISABELLE, bas.

Ses feux ne trompent point ma secrète croyance . Et toujours ses regards m'en ont dit l'innocence.

SGANARELLE

Que dis-tu ?

ISABELLE

Qu'il m'est dur que vous plaigniez si fort Un homme que je hais à l'égal de la mort;

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