SCÈNE III
LA PRINCESSE, AGLANTE, MORON
Princesse, j'ai à vous prier dune chose qu'il faut absolument que vous m'accordiez. Le prince d'Ithaque vous aime , et veut vous demander au prince mon père.
aglànte.
Le prince d'Ithaque, madame!
Oui. Il vient de m'en assurer lui-même, et m'a demandé mon suffrage pour vous obtenir; mais je vous conjure de rejeter cette proposition, et de ne point prêter l'oreille à tout cequ'il pourra vousdire.1
AGLANTE
Mais , madame, s'il étoit vrai que ce prince m'aimât effectivement, pourquoi, n'ayant aucundessein de vous engager, nevoudriez-vous pas souffrir... ?
Non , Aglante , je vous le demande ; faites-moi ce plaisir , je vous prie ; et trouvez bon que , n'ayant pu avoir l'avantage de le soumettre, je lui dérobe la joie de vous obtenir.
Aglante.
Madame, il faut vous obéir; mais je croirois que la conquête d'un tel cœur ne seroit pas une victoire à dédaigner.