ACTE III, SCÈNE X
val ÈRE, a Sganaretle.
Pour moi , je mets ma gloire et mon bien souverain À la pouvoir , monsieur , tenir de votre main.
ARISTE
Mon frère , doucement il faut boire la chose :
D'une telle action vos procédés sont cause ;
Et je vois votre sort malheureux à ce point,
Que , vous sachant dupé , l'on ne vous plaindra point.
LISETTE
Par ma foi , je lui sais bon gré de cette affaire ; Et ce prix de ses soins est un trait exemplaire.
Je ne sais si ce trait se doit faire estimer ,
Mais je sais bien qu'au moins je ne le puis blâmer.
ERG AS TE.
Au sort d'être cocu son ascendant l'expose ;
Et ne l'être qu'en herbe est pour lui douce chose,
sganarelle, sortant de l'accablement dans lequel
il étoit plongé.
Non , je ne puis sortir de mon étonnement. Cette ruse d'enfer confond mon jugement; Et je ne pense pas que Satan en personne Puisse être si méchant qu'une telle friponne. J'aurois pour elle au feu mis la main que voilà. Malheureux qui se fie à femme après cela ! La meilleure est toujours en malice féconde ; C'est un sexe engendré pour damner tout le monde. Je renonce à jamais à ce sexe trompeur , Et je le donne tout au diable de bon cœur.
ERGASTE
Bon.