ACTE I, SCÈNE VIII
L'homme dont vous parlez, loin qu'il puisse me plaire,
Est un homme fêcheux dont j'ai su me défaire,
Un de ces importuns et sots oiiicieux
Qui ne pourroient souffrir qu'on soit seule en des lieux ,
Et viennent aussitôt , avec un doux langage ,
Vous donner une main contre qui l'on enrage.
î'ai feint de m'en aller pour cacher mon dessein,
Et jusqu'à mon carrosse il m'a prête' la main,
le m'en suis promptement défaite de la sorte ;
Et j'ai , pour vous trouver , rentre' par l'autre porte.
ÉliASTE.
 vos discours , Orphise , àj< uterai-je foi? Et votre cœur est-il tout sincère pour moi ?i
ORPHISE
Je vous trouve fort bon de tenir ces paroles, Quand je me justifie à vos plaintes frivoles. Je suis bien simple encore ; et ma sotte bonté..,
ÉRASTE
Àh ! ne vous fâchez pas , trop sévère beauté :
Je veux croire en aveugle , étant sous votre empire ,-
Tout ce que vous aurez la bonté de me dire.
Trompez , si vous voulez , un malheureux amant ;
J'aurai pour vous respect jusques au monument...
IVlaltrairez mon amour , refusez-moi le vôtre ,
Exposez à mes yeux le triomphe d'un autre ;
Oui , je souffrirai tout de vos divins appas.
J'en mourrai : mais enfin je ne m'en plaindrai pas.
ORPHISE
Quand de tels sentiments régneront dans votre amé , Je saurai de ma part...