‹ ŒuvresChapitre 78 sur 302 · SCENE L · texte numérisé non relu

SCENE L

&RASTE,LA MONTAGNE.

ÉltAST*E.

Il est vrai, d'un côté mes soins ont réussi,

Cet adorable objet enfin s'est adouci ;

Mais d'un autre on m'accable , et les astres sévères

Ont contre mon amour redoublé leurs colères.

Oui , Damis son tuteur , mon plus rude fâcheux ,

Tout de nouveau s'oppose au plus doux de mes vœux .

A son aimable nièce a défendu ma vue ,

Et veut d'un autre époux la voir demain pourvue.

Orphise toutefois , malgré son désaveu ,

Daigne accorder ce soir une grâce à mon feu ;

Et j'ai fait consentir l'esprit de cette belle

A souffrir qu'en secret je la visse chez elle.

L'amour aime sur- tout les secrètes faveurs ;

Dans l'obstacle qu'on force il trouve des douceurs ;

Et le moindre entretien de la beauté qu'on aime ,

Lorsqu'il est défendu, devient grâce suprême.

Je vais au rendez-vous , c'en est l'heure à peu près ;

Puis , je veux m'y trouver plutôt avant qu'après.

LA MONTAGNE

Suivrai-je vos pas ?

ÉRASTE

Non. Je craindrois que peut-être A quelques yeux suspects tu me risses connoître.

LA MONT AG NE

Mais...

Je ne le veux pas.

LA MONTAGNE

Je dois suivre vos lois :

Mais au moins si de loin...

ÉRASTE

Te tairas-tu , vingt fois ?

Et ne veux-tu jamais quitter cette méthode De te rendre à toute heure un valet incommode ?

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