‹ ŒuvresChapitre 95 sur 302 · CHRYS AL DE · texte numérisé non relu

CHRYS AL DE

Ce sont coups du hasard , dont on n'est point garant ; Et bien sot , ce me semble , est le soin qu'on en prend. Mais quand je Crains pour vous , c'est cette raillerie Dont cent pauvres maris ont souffert la furie : Car enfin vous savez qu'il n'est grands ni petits Que de votre critique on ait vus garantis ; Que vos plus grands plaisirs sont, par-tout où vous êtes, De faire cent éclats des intrigues secrètes...

ARNOLPHE

Fort bien. Est-il au monde une autre ville aussî

Où l'on ait des maris si patients qu'ici ?

Est-ce qu'on n'en voit pas de toutes les espèces,

Qui sont accommodés chez eux de toutes pièces ?

L'un amasse du bien , dont sa femme fait part

A ceux qui prennent soin de le faire cornard :

L'autre un peu plus heureux , mais non pas moins infâme,

Voit faire tous les jours des présents à sa femme ?

Et d'aucun soin jaloux n'a l'esprit combattu ,

Parcequ'elle lui dit que c'est pour sa vertu.

L'un fait beaucoup de bruit qui ne lui sert de guères :

L'autre en toute douceur laisse aller les affaires ,

Et, voyant arriver chez lui le damoiseau,

Prend fort honnêtement ses gants et son manteau.

L'une de son galant , en adroite femelle ,

Fait fausse confidence à son époux fidèle ,

<Jui dort en sûreté sur un pareil appas ,

Et le plaint, ce galant, des soins qu'il ne perd pas :

L'autre , pour se purger de sa magnificence ,

Dit qu'elle gagne au jeu l'argent qu'elle dépense;

Et le mari benêt , sans songer à quel jeu ,

Sur les gains qu'elle fait rend des grâces à Dieu.

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