DE LA MÉDISANCE
ajoute-t-il, se piquent la plupart d'une ancienne noblesse (i) : celui-ci, né de si honnêtes gens, est un scélérat *qui ne mérite que le gibet. Et retournant à la mère de cet homme qu'il peint avec de si belles couleurs, elle est, poursuit-il , de ces femmes qui épient sur les grands chemins les jeunes gens au passage , et qui , pour aiitsi dire, les enlèvent et les ravissent. Dans une compagnie 011 il se trouve quelqu'un qui parle mal d'une personne absente , il relève la conversation. : Je suis , dit-il , de votre sentiment; cet homme m'est odieux, et je ne le puis souffrir : qu'il est insupportable par sa physionomie ! y a-t-il un plus grand fripon et des manières plus extravagantes? Savez- vous 'combien il donne à sa femnie pour la dépense de chaque repas? trois oboles (2) , et rien davantage ; et croiriez-vous que dans les rigueurs de l'hiver, et au mois de décembre, il l'oblige de se laver avec de l'eau froide ? Si alors quelqu'un de ceux qui l'écoutent se lève et se retire , il parle de lui p'resque dans les mêmes termes. Nul de ses plus familiers amis n'est épargné : les morts même dans le tombeau ne trouvent pas un asile contre sa mauvaise langue (3).
(i) Cela est dit par deVision des Thraciennes , qui venaient dans la Grèce pour être servantes, et quelque chose de pis.
(a) Il y avait au-dessous d^ cette monnaie d'antres encore de moindre valeur.
(3) Il e'tait de'fe^du chez les Athéniens de parler mal des morts par une loi de Solon , leur législateur. ^