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moins mon intention. Ce qui doit toucher les grands^ ce nest pas le prix des dons quon leur fait, c'est le zèle qui accompagne ces mêmes dons, et qui, pour en mieux parler, fait leur véritable prix auprès dune ame comme la vôtre. Mais, Madame, /ai tort d'appeler présent ce qui nest quune simple reconnoissance.
Il y a long -temps que monseigneur le duc de Bouillon me comble de grâces, d'autant plus grandes que je les mérite moins. Je ne suis pas né pour le suivre dans les dangers; cet honneur est réservé à des destinées plus illustres que la mienne: ce que je puis, est défaire des vœux pour sa gloire, et d'y prendre part en mon cabinet, pendant qu il remplit les provinces les plus éloignées des témoignages de sa valeur * , et qu'il suit les traces de son oncle * et de ses ancêtres sur ce théâtre où ils ont paru avec tant dé-
* Godefroi-Maurice de La Tour, duc de Bouillon, après ayoir fait; quelques campagnes en France, alla joindre Montécuculli pour combattre les Turcs , et se trouvoit présent à la victoire qu* on remporta contre eux le i*' août 1 664*. Après son retour en France, le duc de Bouillon se trouva à la prise de Tournai, à celle de Douai , et à celle de Lille. Lorsque La Fontaine écrivoit cette, ëpitre. en 1668, le duc de Bouillon accompagnoit le roi à la con<piôte de la Franche-Comté. 11 étoit né le a i juin 1641, et mou* rat. le a5 juillet 1721.
* Turenne.
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cktîy et qui retentira long-temps de leur nom et de leurs exploits. Je me figure t héritier de tous ces héros, cherchant les périls dans te même temps que je jouis (tune oisiveté que les seules Muses interrompent. Certes c'est un bonheur extraordinaire pour moi, quun prince qui a tant de passion pour la guerre, tellement ennemi du repos et de la mollesse, me voie d un œil aussi favorable y et me donne autant de marques de bienveillance que si j'avois exposé ma vie pour son service. J'avoue, Madame^ que je suis sensible à ces choses: heureux que Sa Majesté m'ait donné un maître qu'on ne sauroit trop aimer! malheureux de lui être si inutile! j'ai cru que Votre Altesse seroit bien aise que je la fisse entrer en société de louanges avec un époux qui lui est si cher. L'union vous rend vos avantages communs, et en multiplie la gloire, pour ainsi dire. Pendant que vous écoutez avec transport le récit de ses belles actions, il na pas moins de ravissement ^entendre ce que toute la France publie de la beauté de votre ame, de la vivacité de votre esprit , de votre humeur bienfaisante, de l'amitié que vous avez contractée avec les Grâces; elle est telle qu'on ne croit pas que vous puissiez jamais vous séparer. Ce n'est là qu une partie
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des louanges qu& Con vous donne. Je voudrois avoir un amas de paroles assex> précmîses pour achever cet éloge, et pour vous témoigner, plus parfaite^ ment que je n'ai fait jusqu ici, avec combien de passion et de zèle je mis.