‹ [Œuvres] (volume 2)Chapitre 13 sur 224 · COMMUNE · texte numérisé non relu

COMMUNE

Et quelques mots pour toi te diront que Nemours Regrette son pays bien moins que ses amours.

MARIE

Le croyez-vous? qui sait? dans l'absence on oublie.

COMMINE.

Oui, quand on est heureux; mais sa mélancolie De te garder sa foi lui laissera l'honneur; 11 n'a qu'un souvenir pour rêver le bonheur, C'est le tien.

MARIE

J'aime plus que je ne suis aimée.

Sans guérir de son cœur la pJaie envenimée. Que de fois j'essayai , dans un doux entretien, De lui rendre son père en lui parlant du mien ! Il souriait alors, mais avec amertume.

Contre un chagrin cuisant, dont l'ardeur le consume, Dans ma pitié naïve il cherchait un appui , Et m'aimait de l'amour que je montrais pour lui. Toujours morne, il fuyait au fond des basiliques La cour, ses vains plaisirs, et ses jeux héroïques. Venseance ! disait-il dans la sombre ferveur Qui fixait son regard sur la croix du Sauveur.

Parlait-on de Louis, à ce nom qu'il abhorre, Il rêvait la vengeance, et, plus terrible encore, La main sur son poignard, il menaçait tout bas Celui...

COMMINE.

Par tes discours tu le calmais ?

MARIE

Hélas !

Tremblante, je pleurais, et lui, trouvait des charmes A me nommer sa sœur en essuyant mes larmes.

COMMINE.

Ah ! qu'il laisse à la mort le soin de le venger ! Sous un règne nouveau son destin peut changer.

MARIE

Oui, je n'en doute pas, pour peu que je l'en prie. Monseigneur le dauphin...

COMMINE.

Ecoute-moi , Marie :

Le dauphin, je le sais, ne se plaît qu'avec toi , Il s'attache à tes pas; trop peut-être.

MARIE

Pourquoi?

IJn enfant !

COMMINE.

Cet enfant sera le roi de France.

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