‹ [Œuvres] (volume 2)Chapitre 213 sur 224 · ACTE III, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE X

(le montrant anx princes avec terreur.)

Ses traits sont égarés ! ses yeux... ah ! je frissonne.

TYRREL.

Vous restez devant moi muette de stupeur; Qu'avez-vous ?

ELISABETH

Vos regards...

TYRREL.

Eh bien ?

ELISABETH

Ils me font peur.

TYRREL.

Pour qui ?

ELISABETH

Pour euXj.Tyrrel. Sans doute c'est faiblesse; Mais pensez au trésor qu'en partant je vous laisse.

TYRREL , s'animant par degrés.

Quoi ! me soupçonnez-vous de quelque trahison ?

ELISABETH

Vous !

TYRREL.

Pour veiller sur eux j'ai toute ma raison.

ELISABETH

Ne vous offensez pas.

TYRREL.

Tout mon sang-froid, j'espère.

LE DUC d'tOIIK , bas à la reine.

Parlez-lui de son fils.

ELISABETH

Tyrrel , vous êtes père...

TYRREL.

Pourquoi renouveler ce souvenir affreux ? Je n'en ai plus de fils, et vous en avez deux.

ELISABETH

(les poussant dans les bras de Tyrrel. )

Que j'aime, que j'adore... — et que je vous confie.

TYRREL.

A moi î... cette terreur, rien ne la justifie.

J'ai reçu votre foi , vous devez la tenir;

Mais s'il faut vous contraindre à vous en souvenir,

Qu'un autre à vos enfans prête son assistance,

( avec violence.)

Pour moi, j'en fais serment...

ELISABETH , effrayée.

Je pars sans résistance...

TYRREL.

N'hésitez plus.

ELISABETH

J'ignore oii je dois les revoir : T-iaissez-moi les bénir, c'est mon dernier devoir.

( étendant les niaiussurla tctcdeses fils, qui sont t(jnjLésà genoux devant elle.)

Les voilà prosternés sous mes mains, sous mes larmes!

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