ACTE IV, SCÈNE VI
FRANÇOIS DE PAULE
l,es rois elles sujets sont égaux devant lui : Comme à tous ses enfans il vous doit son appui ; Mais ces secours divins que votre voix réclame, Plus juste envers vous-même, invoquez-les pour l'aine.
LOUIS , vivement.
Non , c'est trop à la fois : demandons pour le corps; 1^'âme, j'y songerai.
FRANÇOIS DE PAULE
Roi , ce sont vos remords , C'est cette plaie ardente et par le crime ouverte .Qui traîne lentement votre corps à sa perte.
LOUIS
Les prêtres m'ont absous.
FRANÇOIS DE PAULE
Vain espoir: vous sentez Peser sur vos douleurs trente ans d'iniquités. Confessez votre honte, exposez vos blessures : Qu'un repentir sincère en lave les souillures.
LOUIS
Je guérirai?
FRANÇOIS DE PAULE
Peut-être.
LOUIS
Oui , vous le promettez :
Je vais tout dire.
FRANÇOIS DE PAULE
. A moi?
LOUIS
Je le veux : écoutez.
FRANÇOIS DE PAULE . qui s'assied, tandis que le roi reste deboaî les mains jointes.
Pécheur, qui m'appelez à ce saint ministère, Parlez donc. '
' LOUIS, après avoir dit mentalement son Conjittor.
Je ne puis, et je n'ose me taire.
FRANÇOIS DE PAULE
Qu'avez- VOUS fait?
LOUIS
L'effroi qu'il conçut du dauphin Fit mourir le feu roi de langueur et de faim.
FRANÇOIS DE PAULE
Un fils a de son père abrégé la vieillesse !
LOUIS
Le dauphin. .. c'était moi.
FRANÇOIS DE PAULE
Vous !
LOUIS
Mais tant de faiblesse Perdait tout, livrait tout aux mains d'un favori : La France périssait, si le roi n'eût péri. Les intérêts d'Etat sont des raisons si hautes...