ACTE HI, SCENE XL
Confondez les partis et qu'il n'en reste qu'un, Non le vôtre ou le mien , celui du bien commun. Alors fronder nos mœurs n'est plus qu'un vain délire , A chanter nos vertus je consacre ma lyre ; Heureux si je fais dire à la postérité Qu'en vantant mon pays je ne l'ai point flatté !
GRANVILLE
S'il ne vous tombe pas, par un hasard unique, Quelque succession de l'Inde ou de l'Afrique, Dans un lieu trop souvent aux poètes fatal , Vous pourrez de Gilbert mourir collatéral.
VICTOR
Ah ! si dans son cercueil Gilbert peut nous entendre, Quelle ardeur de rimer doit tourmenter sa cendre ! Un instinct généreux, que je ne puis dompter, Dans ces temps corrompus me pousse à l'imiter ; J'affronte son destin, je l'accepte en partage : Vertu, gloire, malheur, c'est un noble héritage.
GRANVILLE , à part.
Son fanatisme, au moins, est celui du talent, De l'honneur !
23f» LES COMÉDIENS.