FLOR1DORE
Avec moi l'on n'attend pas son tour, Lu , présenté, reçu , le tout dans un seul jour. Et l'on vient m'accuser !
GRANVILLE
C'est pure calomnie.
FLORIDORE.
Vous pouvez , d'après moi, juger la compagnie.
Même goût, même tact, même sincérité,
Dans ses décisions même esprit d'équité :
En vain votre croyance un moment fut séduite ;
A d'insolens discours j'oppose ma conduite :
Et si quelque imposteur nous noircit près de vous,
A votre manuscrit nous en appelons tous.
GRANVILLE , lai remettant le manuscrit.
Eh bien ! qu'il vous réponde.
FLORIDORE.
Oh ciel ! est-il possible ?
Je suis sûr d'avoir lu...
Gi; A ,\ MLLE.
Mais moi, juge infaillible, Je suis encor plus sûr de n'avoir rien écrit. Ah , ah ! vous pâlissez devant ce manuscrit ! Voilà qui vous confond, et qui prouve, j'espère, Que vous êtes actif, juste, et surtout sincère.
FLORIDORE.
Monsieur*..
GRANVILLE
Cher président, j'estime qu'avant peu , Vous et vos conseillers, vous allez voir beau jeu.
FLORIDORE.
Daignez...
GRANVILLE
Vous êtes pris. De votre république Vous avez compromis l'orgueil tragi-comique. Ses membres, grâce à vous, vont être bafoués : Vous jouez tout le monde, et je vous ai joués
FLORIDORE.
Mais que vous ai-je fait...?
GRAN VILLE
Et ce brave jeune homme.
Qu'ici pour son talent chacun de vous renomme, Que chacun persécute, il a beau supplier, Comment le traitez-vous? comme un mince écolier.