‹ [Œuvres] (volume 3)Chapitre 148 sur 162 · VICTOR, LUCILE · texte numérisé non relu

VICTOR, LUCILE

LUCILE

Au gré de vos désirs je vois tout succéder, Et la victoire semble enfin se décider.

VICTOR

Puisse le dernier acte emporter les suffrages ! Vouspassez mon espoir ; par quels soins, quels hommages , Vous payer d'un succès que je ne dois qu'à vous? Non, jamais votre voix n'eut un accent plus doux, Jamais la passion ne fut plus naturelle.

Notre amour m'inspirait... Victor, je me rappelle La scène de l'aveu que vous redoutiez tant ;

J'avais le cœur serré moi-même en l'écoutant; L'orchestre était muet, le parterre en balance... Un murmure enchanteur a rompu le silence. Je crois l'entendre encor.

VICTOR

Rclrose était troublé ; 11 perdait la mémoire.

LUCILE

Oui , mais je l'ai soufflé.

Qu'on retient aisément des vers tels que les vôtres ! Je n'ai lu que mon rôle, et je sais tous les autres.

VICTOR

Que n'êtes-vous mon juge ! Est-il vrai ? quoi ! demain Ce soir, dans un moment, j'obtiendrais votre main ! Je devrais tout l'éclat, le bonheur de ma vie, Ma première couronne, à ma meilleure amie ! Quel charmant avenir embellira des nœuds Formés par deux amans sous cet auspice heureux!... Mais , Lucile , où m'emporte une joie insensée ? Ma sentence peut-être est déjà prononcée.

LUCILE

Ne tremblez point; que sert de vous troubler ainsi ? Imitez-moi...

VICTOR

\r crois que vous tremblez aussi...

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