AMÉLIE, LORÉDAN
LORÉDAN
Oubliez mon offense, et partagez ma joie... Quel nuage soudain sur vos traits se déploie !
AMÉLIE
Dans les austérités d'un asile pieux ,
M LES VEPRES SICILIENNES.
Morte a de faux plaisirs, cachée à tous les yeux, Que ne puis-je, le front courbe dans la poussière, Finir mes tristes jours consumés en prière!
LORÉDAN
Dieu ! quel vœu formez-vous? et qui peut mériter Des pleurs que de mon sang je voudrais racheter?
AMELIE.
I fêlas! vous savez trop si j'ai droit d'en répandre.
LORÉDAN
J'explique leur langage, et crains de vous comprendre
< )ui, malgré nos liens, vos devoirs, vos sermens,
Je doute encor... Plaignez l'horreur de mestourmens.
Oui , quand de nos guerriers l'essaim vous environne,
\ de noires terreurs mon esprit s'abandonne;
Sans cesse je vous suis, d'un regard curieux,
Au sein de nos tournois, dans cesmurs, en tous lieux.
\n\ degrés de l'autel arrosés par vos larmes,
Je porte près de vous mes brûlantes alarmes.
Je m'indigne en voyant ce tribunal de Dieu,
Où le pardon du crime est le prix d\m aveu,
Qu'un mortel, quel que soit son sacré caractère .
Reste «le vos chagrins le seul dépositaire ;
El qu'à votre frayeur il ait droit d'arracher
Un secret qu'à l'amour votre cœur peut cacher. Montforl même est l'objet de ce triste délire' :