‹ [Œuvres] (volume 3)Chapitre 42 sur 162 · ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III

Les grands, environnés d'esclaves fanatiques, Travaillent au succès de leurs sourdes pratiques. Procida m'est suspect; sachez que cette nuit La mer sur un esquif dans le port l'a conduit.

AMÉLIE

Je tremble !

GASTON

Sur un avis fidèle, De son retour prochain j'attendais la nouvelle; Vous auriez tout appris, si de tels intérêts Enchaînaient un moment vos désirs inquiets. Mais quel frein opposer à leur impatience? J'ai su , réduit par vous à garder le silence, Entourer le palais d'amis sûrs et prudens, Un d'eux l'a reconnu sous d'obscurs vêtemens : Par mon ordre arrêté, devant vous on l'entraîne.

AMÉLIE

Je le perds!

MONTFORT

Sur ces bords quel dessein le ramène?

GASTON

Sans doute un grand complot, prêt à s'exécuter, Avait besoin d'un chef pour oser éclater.

74 LES VEPRES SICILIENNES.

Des pièges qu'il nous tend démêlons l'artifice; La vérité jaillil du plus léger indice : Pour le convaincre, un mot, un seul témoin suffit. Coupable, il doit périr...

AMELIE, dans le plus graud trouble, à Monlfort.

Rendez-moi cet écrit.

GASTON

L'état vous le défend s'il nous révèle un crime.

MONTFORT , bas.

En voulant la sauver, vous nommez la victime.

AMÉLIE

O justice éternelle ! est-ce lui que j'entends !

Voilà le digne prix de mes égaremens ;

Il m'arrache le jour que ma bonté lui donne.

(AElfride.)

Ote-moi de ces lieux... La raison m'abandonne...

Ali! le cruel! pour lui j'ai tout sacrifié;

J'ai tout trahi , mon Dieu , l'honneur et l'amitié.

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