‹ [Œuvres] (volume 3)Chapitre 51 sur 162 · LORÉDAN, AMÉLIE · texte numérisé non relu

LORÉDAN, AMÉLIE

LORÉDAN

Vous daignez, par égard au malheur qui l'accable, Accorder l'entretien que demande un coupable ! Un banni !

AMÉLIE

Quels regards! ah! vous m'épouvantez.

Laissez-moi m'éloigner, laissez-moi fuir...

LORÉDAN

Restez.

Contraint d'abandonner les lieux qui m'ont vu naître. Je vous quitte , Amélie , et pour toujours peut-être ; Sans cesse importuné de témoins odieux, Faudra-t-il vous forcer d'entendre mes adieux? Un horrible soupçon me tourmente et me ronge ; Délivrez-moi du trouble où ce doute me plonge:

90 LES VEPRES SICILIENNES.

Gardez de me tromper, songez que je vous vois, Oue je vais vous parler pour la dernière fois.

AMÉLIE

( à part. )

Expliquez-vous , seigneur. Ah ! je frémis d'avance.

LOREDAN.

Je veux savoir de vous si la reconnaissance,

Si l'amour, les sermens reçus par l'Eternel.

La ferveur qu'on étale au pied de son autel,

Si le respect profond des droits de la nature,

Ne sont qu'un jeu cruel, un piège, une imposture.

AMÉLIE

A os étranges discours redoublent mon effroi.

LORÉDAN

Vous pouvez sans remords lever les yeux sur moi !

I ne lettre en secret tantôt vous fut remise...

AMÉLIE

II est vrai.

LORÉDAN

Dans vos mains on ne l'a pas surprise:1

AMÉI.II .

Non...

LORÉDAN

Qu'en avez-vous fait?... Contiens-toi, malheureux Montrez-moi cel écrit... il le faut... je le veux!...

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