ACTE IV, SCENE i\. 9(J
Qu'au timon de l'état votre roi vous rappelle, Borella, c'est un prix qu'il doit à votre zèle. Oddo, vous pouviez seul, réparant nos revers, Des flottes d'un brigand balayer les deux mers. O brave d'Aquila! pleurez sur votre gloire : Vous choisissant pour guide au champ de la victoire^ Don Pèdre aurait fixé le destin des combats , Et le nom d'un tel chef eût créé des soldats. Que le nouveau monarque élu par la Sicile Aux talens, aux vertus ouvrait un champ fertile! Quel destin pour vous tous, vous, son plus ferme appui, De verser ses bienfaits ou de vaincre pour lui , De partager ces soins de la grandeur suprême, Qui font chérir un prince à des sujets qu'il aime, D'entendre un peuple entier vous nommer ses sauveurs! Voilà les titres vrais , les immortels honneurs ; C'est là l'ambition qui trouble une grande âme, Celle que j'aime en vous, la seule qui m'enflamme! Ah! s'il n'est point d'exploit plusbeau pour notre orgueil, Que de ressusciter la patrie au cercueil , Est-il un prix plus doux et plus digne d'envie, Que de la rendre heureuse après l'avoir servie '
Philippe d'aquila.
Pourquoi nous déchirer de regrets superflus?
100 LES VEPRES SICILIENNES.
SALVJ VTI.
À (jiicl parti fixer nos vœux irrésolus?