‹ [Œuvres]Chapitre 12 sur 76 · LA MORT · texte numérisé non relu

LA MORT

S'efface sous les pleurs qui tombent de nos yeuxl Qu'un monument s'élève aux lieux de ta naissance, O toi , qui des vainqueurs renversas les projets! La France y portera son deuil et ses regrets,

Sa tardive reconnaissance; Elle y viendra gémir sous de jeunes cyprès : Puissent croître avec eux ta gloire et sa puissance !

Que sur l'airain funèbre on grave des combats, Des étendards anglais fuyant devant tes pas , Dieu vengeant par tes mains la plus juste des causes. Venez, jeunes beautés; venez, braVes soldats ; Semez sur son tombeau les lauriers et les roses ! Qu'un jour le voyageur, en parcourant ces bois. Cueille un rameau sacré , l'y dépose, et s'écrie : « A celle qui sauva le trône et la patrie, « Et n'obtint qu'un tombeau pour prix de ses exploits ! »

Notre armée au cercueil eut mon premier hommage ; Mon luth chante aujourd'hui les vertus d'un autre âge: Ai-je trop présumé de ses faibles accens?

Pour célébrer tant de vaillance, Sans doute il ji'a rendu que des sons impuissans;

Mais, poète et Français, j'aime à vanter la France.

Qu'elle accepte en tribut de périssables fleurs.

Malheureux de ses maux et fier de ses victoires,

Je dépose à ses pieds ma joie ou mes douleurs : J'ai des chants pour toutes ses gloires, Des larmes pour tous ses malheurs.

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