‹ [Œuvres]Chapitre 7 sur 76 · QUATRIÈME MESSÉNIENNE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME MESSÉNIENNE

Un jour que l'Océan gonflé par la tempête, Réunissant les eaux de ses fleuves divers, Fier de tout envahir, marchait à la conquête

De ce vaste univers; Une voix s'éleva du milieu des orages , Et Dieu, de tant d'audace invisible témoin. Dit aux flots étonnés : « Mourez sur ces riva^res, « Vous n'irez pas plus loin. »

Ainsi , quand , tourmentés d'une impuissante rage , Les soldats de Bedfort, grossis par leurs succès, Menaçaient d'un prochain naufrage Le royaume et le nom français ; :; # Une femme , arrêtant ces bandes formidables , Se montra dans nos champs de leur foule inondés;

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Et ce torrent vainqueur expira dans les sables Que naguère il couvrait de ses flots débordés.

Une femme paraît, une vierge, un héros : Elle arrache son maître aux langueurs du repos. La France qui gémit se réveille avec peine , Voit son trône abattu, voit ses champs dévastés,

Se lève en secouant sa chaîne , Et rassemble à ce bruit ses enfans irrités.

Qui t'inspira, jeune et faible bergère, D'abandonner la houlette légère Et les tissus commencés par ta main?

Ta sainte ardeur n'a pas été trompée; Mais quel pouvoir brise sous ton épée Les cimiers d'or et les casques d'airain ?

L'aube du jour voit briller ton armure, L'acier pesant couvre ta chevelure , Et des éombats tu cours braver le sort. Qui t'inspira de quitter ton vieux père, De préférer aux baisers de ta mère

L'horreur des camps, le carnage et la mort?

C'est Dieu qui Ta voulu, c'est le dieu des armées, Qui regarde eu pitii'i les pleurs des malheureux; C'est lui qui délivra nos tribus opprimées

Sous le poids d'un joug rigoureux ; C'est lui , c'est l'Eternel , c'est le dieu des armées !

L'ange exterminateur bénit ton étendard ; 11 mit dans tes accens un son mâle et terrible, La force dans ton bras , la mort dans ton regard

Et dit à la brebis paisible :

Va déchirer le léopard.

Richemont, LaHire, Xaintrailles.

Dunois, et vous, preux chevaliers, Suivez ses pas dans les batailles ; Couvrez-la de vos boucliers , Couvrez-la de votre vaillance; Soldats, c'est l'espoir de la France Que votre roi vous a commis.

Marchez quand sa voix vous appelle

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