ACTE V, SCENE I. 2o
Quel est cet étranger? qui l'a conduit vers nous?
ANTIGONE
Etranger pour tout autre , il ne l'est pas pour nous.
OEDIPE
A vous par ses discours il s'est donc fait connaître?
ANTIGONE
Hélas !
OEDIPE. '■■■■■'m^
Vous le plaignez ! Parlez , qui peut-il être?
ANTIGONE
La vie , ou je me trompe , a pour lui peu d'appas.
OEDIPE
Et si jeune , avec joie il aspire au trépas !
ANTIGONE
Tout annonce dans lui la fierté , la naissance , Le sort d'un prince errant , déchu de sa puissance j D'un mortel à la haine , au trouble abandonné , Par un destin fatal vers sa perte entraîné , Dont le repentir sombre également exprime La douleur du remords , et le penchant au crime. Pour une fin terrible il semble réservé. OEDIPE , à part.
•^uel doute en mon esprit s'est soudam élevé? [Haut.) Le trépas, dites-vous , est sa plus chère envie?
Il serait trop heureux d'abandonner la vie.
OEDIPE
Pourquoi former sur lui ces homicides vœux?
ANTIGONE
En souhaitant sa mort , je sais ce que je veux : C'est de mon amitié la marque la plus chère ; Et ce souhait fatal vous dit qu'il est mon frère ; C'est Polynice.
OEDIPE CHEZ ADMETE.
OEDIPE
Ociell
ANTIGONE
Souffrez qu'a vos genoux Il vienne avec respect...
OEDIPE
Il n'est plus rien pour nous.
ANTIGONE
Aurait-il vainement retrouvé sa famille?...
OEDIPE
Pour être encor sa sœur, vous êtes trop ma fille.
Il ne me manquait plus , pour combler mes tourments ,
Que l'approche d'un traître à mes derniers moments.
ANTIGONE
Avant que de mourir il veut vous voir encore.
Ne me parlez jamais d'un cruel que j'abhorre.
ANTIGONE
Votre courroux vaincu par son noble retour....
OEDIPE
Sur son coupable front pèsera plus d'un jour.
ANTIGONE
Ah î si vous connalfesiez ses maux et sa misère. . .
OEDIPE
Le ciel l'a dû punir d'avoir chassé son père.
ANTIGONEv
Il veut vous voir.
OEDIPE
Qu'il parte.
ANTIGONIÎ.
Un moment d'entretien.
OEDIPE
L'ingrat !