ACTE I, SCÈNE IV
Mais pour moi , cher Hubert, hélas! je lui demande De me laisser mourir.
HUBERT
Votre tristesse est grande.
Vous haïssez donc bien cette sombre prison ?
ARTHUR
Jugez vous-même, Hubert; voyez si j'ai raison . Dites : n'est-il pas dur, quand le ciel me fit naître Four vivre en un palais , libre, heureux et sans maître. D'être ainsi sous ces murs? Ah I sans vos soins si doux, Je serais mort cent fois.
Mais vous m'aimez donc , vous ?
ARTHUR
Si je vous aime I... Hubert, quand je vous vis paraître, Je n'étais pas d'abord jaloux de vous connaître ; Mais lorsque j'eus enfin pu lire dans vos yeux...
HUBERT
Hé bien ! qu'y vîtes- vous?
ARTHUR
Je rendis grâce aux cieux.
J'y lus qu'un jour (mon cœur m'avertissait d'avance) Vous m'aimeriez.
HUBERT
Sans doute. {A part.) 0 l'aimable innocence I
ARTHUR
Dites-moi, cher Hubert , avez-vous des enfants?
HUBERT
L'hymen ne m'a jamais fait de si chers présents.
ARTHUR
Ah! je les eusse aimés. Oubliant mes misères, J'aurais, parmi nos jeux, cru vivre avec mes frères. Hubert...