‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 298 sur 489 · CONSTANCE, KERMADEUC, HUBERT, ARTHUR · texte numérisé non relu

CONSTANCE, KERMADEUC, HUBERT, ARTHUR

Hubert amène le jeune prince.

ARTHUR 5 à Kermadeiic.

Vieillard , vous dont j'honore et l'âge et la sagesse , Est-il vrai qu'à mon sort voire cœur s'iate'resse?

KERMADEUC

Souffrez qu'avec respect , et touchant votre main , Je m'incline en pleurf^nt devant mon souverain.

ARTHUR

Que faites-vous ? Hélas I dans l'état où nous sommes , Le ciel me dit assez qu'il fit égaux les hommes. C'est bien plutôt à moi , par de justes tributs , D'honorer le premier votre âge et vos vertus. La Bretagne, vieillard , dit-on, vous a vu naître. Mais pour moi , j'ai perdu Tespoir d'y reparaître. Mon peuple est-il heureux?

KERMADEUC

Il sent tous vos malheurs , Et le seul nom d'Arthur lui fait verser des pleurs.

ARTHUE. , à part.

Qu'il est doux d'être aimé ! Sentiment plein de charmes ! Si je pouvais un jour les payer de leurs larmes I

J'eus une mère, hélas ! Vous avez vu sa cour. On ne sait ni son sort , ni quel est son séjour. Peut-être elle n'est plus.

KERMADEUC

Pourquoi perdre espérance?

Le ciel peut vous la rendre, et plus tôt qu'on ne pense.

Quel bonheur I Cher Hubert, l'espérez-vous aussi? Je voudrais bien la voir , mais.ce n'est pas ici. Dites-moi : pensez-vous qu'elle respire encore ?

HUBERT

Je vous l'ai déjà dit , tout son peuple l'ignore.

ARTHUR

Ah! si...

HUBERT

Rassurez-vous.

ARTHUR

Si tel est mon jnalheur.

Je n'ai plus , cher Hubert , qu'à mourir de douleur. Ma mère !

CONSTANCE

0 Dieu !

ARTHUR

Ma mère 1

CONSTANCE

0 contrainte cruelle !

ARTHUR

Viens près de moi.

CONSTANCE

Je meurs.

C'est Arthur qui t'appelle.

CONSTANCE

Hé bien ! courons... Je cède à mon saisissement.

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