CONSTANCE, KERMADEUC, HUBERT, ARTHUR
Hubert amène le jeune prince.
ARTHUR 5 à Kermadeiic.
Vieillard , vous dont j'honore et l'âge et la sagesse , Est-il vrai qu'à mon sort voire cœur s'iate'resse?
KERMADEUC
Souffrez qu'avec respect , et touchant votre main , Je m'incline en pleurf^nt devant mon souverain.
ARTHUR
Que faites-vous ? Hélas I dans l'état où nous sommes , Le ciel me dit assez qu'il fit égaux les hommes. C'est bien plutôt à moi , par de justes tributs , D'honorer le premier votre âge et vos vertus. La Bretagne, vieillard , dit-on, vous a vu naître. Mais pour moi , j'ai perdu Tespoir d'y reparaître. Mon peuple est-il heureux?
KERMADEUC
Il sent tous vos malheurs , Et le seul nom d'Arthur lui fait verser des pleurs.
ARTHUE. , à part.
Qu'il est doux d'être aimé ! Sentiment plein de charmes ! Si je pouvais un jour les payer de leurs larmes I
J'eus une mère, hélas ! Vous avez vu sa cour. On ne sait ni son sort , ni quel est son séjour. Peut-être elle n'est plus.
KERMADEUC
Pourquoi perdre espérance?
Le ciel peut vous la rendre, et plus tôt qu'on ne pense.
Quel bonheur I Cher Hubert, l'espérez-vous aussi? Je voudrais bien la voir , mais.ce n'est pas ici. Dites-moi : pensez-vous qu'elle respire encore ?
HUBERT
Je vous l'ai déjà dit , tout son peuple l'ignore.
ARTHUR
Ah! si...
HUBERT
Rassurez-vous.
ARTHUR
Si tel est mon jnalheur.
Je n'ai plus , cher Hubert , qu'à mourir de douleur. Ma mère !
CONSTANCE
0 Dieu !
ARTHUR
Ma mère 1
CONSTANCE
0 contrainte cruelle !
ARTHUR
Viens près de moi.
CONSTANCE
Je meurs.
C'est Arthur qui t'appelle.
CONSTANCE
Hé bien ! courons... Je cède à mon saisissement.