‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 361 sur 489 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

HÉDELMONE, LORÉDAN, HERMANCE.

HERMANCE

En cet instant , Ses jours sont exposés au péril le plus grand. Avant de vous revoir, déjà sa violence Avait blessé nos lois , mérité leur vengeance. A leur rigueur, hélas ! puisse-t-il échapper ! Mais de quel coup mortel je m'en vais vous frapper!

n6 OTHELLO.

L'indigence et la fuite est tout ce qui lui reste.

J'ignore son forfait ; mais un arrêt funeste

Vient de le dépouiller du droit des citoyens ,

Lui ravit ses honneurs , lui ravit tous ses biens.

On tremble dans l'instant que, si rien ne l'arrête ,

L'aflreux conseil des dix ne demande sa tête.

Hélas I au fer des lois la verrez- vous livrer? HÉDELMONE, à Lorédan.

Seigneur, le ciel m'inspire; il vient de m'éclairer.

Votre père , seigneur , ce père qui vous aime , Peut seul sauver le mien dans son péril extrême. Comme doge , il aura du pouvoir, des amis •, Comme père , il voudra le bonheur de son fils. Ah ! si de cet hymen , tous deux d'intelligence, Nous pouvions quelque temps lui laisser l'espérance ! Seigneur, si ce billet , qui vous promet ma main , L'assurait de mon choix , de cet hymen prochain ! Si vous-même , à mes pleurs joignant votre prière, Nous l'engagiez , seigneur, à protéger mon père ! Je sais que ce détour blesse la vérité j n répugne à mon cœur, et dément ma fierté. J'ai plaint , je l'avoùrai, vos vertus, votre flamme ; Mais les jours de mon père occupent seuls mon âme. Oui, je remets , seigneur, ce billet dans vos mains.

Elle lui remet le billel.

Vous tenez maintenant ma vie et mes destins.

Je vois dans tous vos traits , dans tout votre visage ,

D'un cœur né généreux l'éclatant témoignage.

Non , je n'en doute pas , vous allez me servir;

D'avance vous goûtez un si noble plaisir.

Mais , mon père, seigneur (je frémis quand j'y pense).

Est réduit aux horreurs de la vile indigence.

Pour seconder mes vœux et pour le secourir

Il n'est plus de trésor que je vous puisse oflHr-

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