‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 369 sur 489 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

OTHELLO , seul.

Ah ! je respire enfin ! Oui , le ciel dans Pézare

M'a de tous les amis accordé le plus rare.

Sous quel calme imposant son active froideur

Couvre d'un cœur de feu l'impétueuse ardeur !

Qu'il eût , s'il eût aimé, bien su cacher sa flamme !

Avec tant de pouvoir j^Tempire sur son âme,

Il serait des mortels , s'il n'était généreux ,

Et le plus redoutable et le plus dangereux.

N'a-t-il pas quelquefois jeté sur Hédelmone

Des regards où Tamour?... C'est toi qui le soupçonne !

Malheureux! ton ami ! Quoi ! ne pouvait-il pas

Avec un regard pur admirer ses appas ?

Il ne se méprend point : s'il a pris sa défense ,

C'est qu'il a bien senti, connu son innocence;

Je suivrai ses conseils. Je vais sous d'autres cieux

Transporter ce que j'aime et tromper tous les yeux.

Hédelmone ! à mes vœux il faut que tu répondes.

L'amour et la vertu me suivront sur les ondes.

Mais je la vois 5 Ilermance accompagne ses pas.

126 OTHELLO

Page 1