ACTE V, SCÈNE III
Mais quand j'aurai cent fois ma vengeance assouvie , Est-il en mon pouvoir de le rendre la vie, Mon trop malheureux père? Ah! prince infortuné, Ou pourquoi n'es-tu plus , ou pourquoi suis-je né ? Eh quoi ! ton noble aspect , ton auguste visage , Au moment du forfait n'ont point fléchi leur rage I Les cruels... ils ont pu... Tu ne jouiras pas, Perfide empoisonneur, du fruit de son trépas. Je crois déjà , je crois , dans raa vengeance avide , Presser ton cœur sanglant dans ton sein parricide. Oui , perfide , oui , cruel , ces mains vont t'immoler -, Voici l'autel terrible où ton sang va couler. Mais de mon père , ô ciel! je sens frémir la cendre. Mes transports jusqu'à lui se sont-ils fait entendre ! 0 poudre des tombeaux , qui vous vient agiter ? Est-ce pour m'affermir ou pour m'épouvanter? Cendre plaintive et chère , oui, j'entends ton murmure -, Oui, ce poignard sanglant va laver ton injure. C'était pour te venger que j'ai souffert le jour ; C'en est fait, je te venge, et je meurs à mon tour. Mais que vois-je?