LE MONDE
De ta coupe, Hébé, comme aux dieux, Verse-moi l'aimable |eunesse.
Ton nectar m'a mis dans les cieux; Je ne connais plus la vieillesse.
Que Bacchus, la table, ont d'appas!
À Paphos, Vénus, tu m'entraînes :
Oh! ne m'attachez point aux mâts, Si j'entends chanter les sirènes !
Du plaisir! le reste est chansons- Moquons-nous de nos Aristarques.
Vn seul mot tlit tout : Jouissons; Et puis laissons filer les Parques.
Mais hékis ! ô transport si doux 1 Tendres caresses d'une belle, Lorsque je m'abandonne à vous, J'entends crier : « Caron t'appelle. >
Nous courons le fleuve d'Amour; Le Pactole après nous invite; Le froid Léthé vient à son tour; Du Léthé l'on passe au Cocyte.
Adieu donc spectacles , salons !
Volupté, puis-je encor te suivre!
Viens souper chez Glycère... Allons; C'est encor la peine de vivre.
Mais je le vois , ce vieux Caron :
Plus de Glycère. Erreur fatale!
Je m'en vais souper chez Pluton ; J'ai passé la rive infernale.