ACTE II, SCÈNE IV
Un peu de grandiose , et vous irez fort loin. C^est moi qui vous le dis.
LINANT
Monsieur, je prendrai soin De suivre vos avis ; vous raisonnez en maitre.
MERVILLE
Je pourrai vous guider et vous servir peut-être. Aux jeunes gens ainsi j'aime à tendre la main ; J'aime à leur aplanir un pénible chemin.
Mais qu'est-ce que je vois ?. . . Venez, que je vous dise. . .
LINANT
Qu'est-ce donc?
MERVILLE
A parler l'amitié m'autorise.
LINAKT.
Je suis reconnaissant...
MERVILLE
Vous ne m'en voudrez pas?...
LINANT
Du tout.
MERVILLE
De votre habit le collet est trop bas.
LINANT
Ah! c'est là.*^... Mon tailleur agit à sa méthode.
MERVILLE
Ces collets-là ne sont plus du tout à la mode ; Et l'on fait à présent les revers très*petits...
Voyez les miens/.. J'ai cm vous devoir cet ayis. Après cela, prenez le parti convenable.
LINÀNT.
Voilà ce qui s'appelle un avis raisonnable.
Je me rends: je suivrai la mode et votre goût.
MERVILLE
Vous ne ferez pas mal , et dans votre art sur-tout. Vous avez la manière assez pure, et correcte...
LINANT
Eh! mais, en vérité, je suis moins architecte Que vous ne le croyez...
MERVILLE
Vous l'êtes, j'en suis sûr, Et vous n'êtes point fait pour demeurer obscur. Chez mon ami RoUin les travaux que vous faites THe montreront jamais au public qui vous^tes; Dans des plans très-étroits je vous vois resserré...
LINANT
Si je pouvais ici réussir à mon gré ,
Je serais trop heureux. C'est ma plus chère envie.
MERVILLE
Soit. Mais il faut vouloir s'avancer dans la vie. Songez-y bien. Je puis vous trouver de l'emploi Chez un de mes amis , connaisseur comme moi , Fort riche , libéral , qui maintenant s'occupe D'embellir son hfrtel ; comme il fut souvent dupe ,