‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 170 sur 253 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

M" BELVAL, DARICOUR.

BARICOUR.

Ma foi ! je vous le dis, sans fade complaisance, Personne autant que vous n'a de grâce et d'aisance ; Bien faire les honneurs est un de vos talens ; Et quel dîner?... parfait! tous vos vins excellens!

J'admirais du major Tappétit indomptable ; A la place d'honneur , auprès de vous , à table , Mangeant bien , buvant mieux , mais galant , empressé , Par vous de mots flatteurs bien souvent caressé , Il vous aime , il est pris ; le moyen qu'il résiste ! . . . De vos adorateurs il va grossir la liste...

M™* BELVAL

Allons; vous plaisantez.^

DARICOUR.

Je parle tout de bon.

M"»« BELVAL

II pensait courtiser madame de Conrmon;

Pour moi , je m'amusais , plus qu'on ne saurait croire ,

De voir ce bon major, si plein de Y^ine gloire^

Et des comédiens ennemi déclaré , D^actrices et d'acteurs être à table entouré, S'y plaire , avec eux tous jouer gaiment son rôle , Rire et boire d'autant...

BARICOUR.

Le tour est assez drôle ; Mais vous compromettez ainsi la dignité De monsieur Gouvignac...

M«»« BELYAL.

Dites sa vanité.

BARICOUR.

A propos , je vous veux parler de Cléofile ; A cette pauvre enfant vous pourriez être utile ; Elle va nous quitter.

Ah! vous la renvoyez?...

BARICOUR.

Non; ce n'est pas le mot. Mais , que faire? voyez! Elle et Lisbeth auraient quelques scènes fatales; Rivales en amour , au théâtre rivales , C'est trop de la moitié ; ces deux femmes jamais Ne peuvent vivre ensemble, et demeurer en paix; Je préviens un duel.

M™» BELVAL

Ah! vraiment, votre empire Est agité souvent de troubles qui font rire.

BARICOUR.

Je n'en ris pas toujours.

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