SCÈNE PREMIÈRE
M" BELVAL, DARICOUR.
BARICOUR.
Ma foi ! je vous le dis, sans fade complaisance, Personne autant que vous n'a de grâce et d'aisance ; Bien faire les honneurs est un de vos talens ; Et quel dîner?... parfait! tous vos vins excellens!
J'admirais du major Tappétit indomptable ; A la place d'honneur , auprès de vous , à table , Mangeant bien , buvant mieux , mais galant , empressé , Par vous de mots flatteurs bien souvent caressé , Il vous aime , il est pris ; le moyen qu'il résiste ! . . . De vos adorateurs il va grossir la liste...
M™* BELVAL
Allons; vous plaisantez.^
DARICOUR.
Je parle tout de bon.
M"»« BELVAL
II pensait courtiser madame de Conrmon;
Pour moi , je m'amusais , plus qu'on ne saurait croire ,
De voir ce bon major, si plein de Y^ine gloire^
Et des comédiens ennemi déclaré , D^actrices et d'acteurs être à table entouré, S'y plaire , avec eux tous jouer gaiment son rôle , Rire et boire d'autant...
BARICOUR.
Le tour est assez drôle ; Mais vous compromettez ainsi la dignité De monsieur Gouvignac...
M«»« BELYAL.
Dites sa vanité.
BARICOUR.
A propos , je vous veux parler de Cléofile ; A cette pauvre enfant vous pourriez être utile ; Elle va nous quitter.
Ah! vous la renvoyez?...
BARICOUR.
Non; ce n'est pas le mot. Mais , que faire? voyez! Elle et Lisbeth auraient quelques scènes fatales; Rivales en amour , au théâtre rivales , C'est trop de la moitié ; ces deux femmes jamais Ne peuvent vivre ensemble, et demeurer en paix; Je préviens un duel.
M™» BELVAL
Ah! vraiment, votre empire Est agité souvent de troubles qui font rire.
BARICOUR.
Je n'en ris pas toujours.