ACTE II, SCÈNE VI. 3i
M. BE oduVIGNAG.
Cicëron! Cicëron n'ëtadt pas gentilhomme.
SAINVILLE
Vous m'y faites penser : non , il ne Tétait point ;
Mais c'était un grand homme ; accordez-^noi ce poin(.
il commença son nom ; il fut son propre ouyrage ^
Et sans doute on Ten doit admirer davantage.
Il naquit plébéien ; mais au rang le plus haut y
Par son talent divin il s'éleva bientôt r
Et ce noble nouveau , sauvant Rome trahie,
Le premier fut nommé père de la patrie. *
Pour moi , que suis-je , enfin ? Un guerrier, un soldat ,
Dont le bras, dont la vie appartient à l'état;
Mais mon cœur est à moi; souffrez que j'en dispose;.
Faut-il qu'à mon bonheur mon cher oncle s'oppose l
De grâce...
M. DE GOUVIG19AC.
Epargne-moi des discours superflus.
&AIÎ9VILLE.
Si vous me permettiez...
M. DE GOUVIGNAC.
Je ne t'écoute plus :
Ton fol aveuglement et m'indigne et m'afflige Laisse-moi seul.
SAINVILLE
Mon oncle !
* Voyez la variante [q) à la fin de la pièce.
3i4 LA COMÉDIENNE.
M. DE GOUVIGNAC.
Eh! laisse-moi, te dis-je.
Madame de Courmon doit bientôt revenir ; Je veux l'attendre ici. J'ai de quoi réfléchir Sur un grave sujet dont il est inutile De t'informer encor.
SAINVILLE
Sans être fort habile , Je crois le deviner, et j'ose même y voir De quoi me confirmer dans mon plus cher espoir.
M. DE GOUVIGNAC.
Oh! ne te flatte pas que jamais je consente...
SAINVILLE
Madame de Courmon sera bien plus puissante.
Je vois qu'auprès de vous mes eflorts seraient vains,
Et je laisse ma cause en de meilleures mains.
( Il sort )